Bethléem, terre de résilience et d’espérance

Au cours de deux visites à Bethléem en 2025, en avril puis en octobre, Martin Hoegger a rencontré des acteurs locaux engagés dans la vie de la ville et de sa région. Parmi eux, Zoughbi Zoughbi, directeur du Centre Wi’am et désormais ambassadeur enthousiaste du projet JC2033. À travers les échanges avec des responsables religieux, des femmes et des jeunes, se dessine un portrait poignant de la région : un territoire marqué par l’incertitude et l’exode, mais aussi porteur d’une profonde espérance, nourrie par la résurrection du Christ et le désir d’un avenir en paix.

En avril, Martin Hoegger rencontre Zoughbi Zoughbi au restaurant Casa Nova de Bethléem. La réunion se tient dans un esprit d’unité, en présence d’un prêtre arménien, d’un prêtre grec orthodoxe et d’un grand cheikh musulman de Bethléem. Zoughbi se montre immédiatement passionné par l’initiative JC2033 et souhaite devenir ambassadeur. Il insiste sur le fait que la résurrection est un élément central : sans elle, il n’y a pas de foi chrétienne.

Tous sont d’ailleurs surpris d’apprendre qu’en Suisse certains pasteurs n’y voient qu’un symbole. Pour Zoughbi, la résurrection donne courage aux chrétiens du « triangle chrétien », dont 300 familles ont déjà quitté la région depuis le 7 octobre 2023. Il est convaincu que JC2033 apportera unité et espérance aux communautés de Bethléem, et que cette célébration surpassera même l’ampleur du Jubilé de l’an 2000.

Le lendemain, au Centre Wi’am, Martin Hoegger présente JC2033 à une quarantaine de femmes. L’atmosphère est simple et chaleureuse, ponctuée d’anecdotes personnelles, notamment celle de la cueillette des olives au monastère de l’Emmanuel, à Bethléem. Lorsque Martin leur demande quel serait leur rêve pour 2033 à Bethléem, deux aspirations reviennent avec force : la paix et la fin de l’occupation.

Au moment de partir, Zoughbi confirme à notre collaborateur son désir de devenir ambassadeur et l’invite à rencontrer des jeunes lors d’une prochaine visite.
 

Rencontre d’octobre : une jeunesse partagée entre attachement et incertitude

Avec des responsables de jeunesse au Centre Wi’am

En octobre, à l’invitation de Zoughbi, une dizaine de responsables de groupes de jeunes issus de différentes Églises se sont réunis au Centre Wi’am. Martin Hoegger, accompagné de sa compatriote Catherine Wüthrich, est alors frappé par le fait que la plupart des jeunes de Bethléem envisagent de quitter leur terre, malgré leur profond attachement à la Terre sainte. Pour cause : leur avenir leur apparaît trop incertain.

Après cette rencontre, Zoughbi se confie à nouveau : ces jeunes l’ont profondément touché. Ils veulent vivre et célébrer la vie, mais ignorent ce que demain leur réserve. Son fils Rafiq, présent lui aussi, a réfléchi à la question posée lors de la première rencontre : « Quel est votre rêve pour Bethléem en 2033 ? » Pour lui, la question la plus juste serait plutôt : « Quel est le rêve de Jésus pour 2033 ? » Il y voit une vision de paix et de lumière, même au cœur de la souffrance.

Rafiq explique pourquoi il est revenu à Bethléem après avoir vécu une vie confortable aux États-Unis : pour soutenir son père en ces temps difficiles et construire, malgré tout, un avenir dans son pays. « C’est ici que je me sens chez moi », dit-il simplement.

Quant à Zoughbi, il mise sur l’accompagnement et l’encouragement de la jeunesse. Il considère les jeunes présents comme ses « derniers enfants », certains déjà responsables, d’autres encore en chemin. Il croit en leur potentiel pour devenir de véritables artisans du changement. Il rêve lui aussi que la célébration des 2000 ans de la résurrection se déroule à Bethléem, dans un climat de paix.

Pour aller de l’avant, il insiste sur la nécessité de développer une stratégie : impliquer davantage les jeunes, encourager les rencontres régionales avec les responsables d’Églises, favoriser les échanges et aller à la rencontre de ceux qui ne peuvent pas se déplacer.

Rafiq Zoughbi, Martin Hoegger et Catherine Wuthrich
 

Le témoignage chrétien aujourd’hui

Pour Zoughbi, la priorité des chrétiens en Terre sainte est de rendre la vie possible : permettre le travail, garantir le nécessaire, nourrir la foi et rechercher l’unité, qu’il juge indispensable. Le lendemain devait d’ailleurs avoir lieu une rencontre œcuménique sur les symboles chrétiens, réunissant femmes, enfants et jeunes.

La soirée s’est conclue par une méditation biblique. Catherine a évoqué Agar, la femme du désert, qui appelle Dieu « le Dieu qui me voit ». Oui, Dieu voit la situation et demeure présent. La question demeure : croyons‑nous qu’il peut agir ? Pour Zoughbi, même au cœur de la souffrance, Dieu offre une liberté intérieure et une paix.

En quittant Bethléem, je portais dans mon cœur le témoignage de ces jeunes et de leurs aînés : leur volonté de vivre et de bâtir malgré la précarité. Les rencontres d’avril et d’octobre ont révélé un peuple éprouvé mais habité par la lumière de la résurrection. J’ai découvert que pour eux, le projet JC2033 s’inscrit comme une source de courage et d’espérance. À Bethléem, la foi se conjugue avec la lucidité, et l’espérance demeure, têtue et vivante, au cœur des défis présents.

Devenez ambassadeurs JC2033

 

Article original écrit par Martin Hoegger