Vivre Pâques en tant que chrétien orthodoxe

 

LEAOC

 A cette parole intime - je me dois de vous avertir – je conférerai un ton de confession. Théologien d’origine roumaine, j’ai complété ma formation en théologie orthodoxe par un riche parcours œcuménique en Suisse. 

Enfant, je n’ai pas reçu une éducation catéchétique. Pourtant, cela m’a permis de saisir qu’au moment de Pâques, tout vibrait de vie et resplendissait de lumière. Dépourvu de la présence de mon père, mes souvenirs de la nuit de Pâques sont marqués avant tout par l’attention portée aux « endormis », car il est d’usage en roumain de remplacer l’appellatif « mort » par « endormi ». 

Je me souviens de l’enthousiasme de ma famille d’apporter une bougie au cimetière en plein milieu de la nuit après l’office de la Résurrection. Les tombeaux flamboyants me faisaient penser qu’un jour tout sera rempli de lumière et que les « endormis » se réveilleront. Cette expérience nocturne d’enfance a trouvé par la suite le sens théologique de la nuit de Pâques. 

La beauté scintillante et sonore de la divine liturgie tente de révéler le mystère de la Résurrection et de rependre la Lumière de Vie sur toute la création et sur tous les humains. 

Avant d’entrer dans la joie de la Résurrection, les rites liturgiques du Samedi Saint me touchent énormément. Porteurs d’un bouleversement aqueux et d’une combustion paradoxale, plusieurs cantiques font mémoire de la Pâque juive et glorifient le Seigneur, d’une part pour la traversée de la Mer Rouge (Exode 15,1-19), d’autre part pour le miracle des jeunes dans la fournaise (Daniel 3,1-88).  

« Jour de la Résurrection !  Peuples, rayonnons de joie : c'est la Pâque, la Pâque du Seigneur ! De la mort à la vie, de la terre jusqu'au ciel le Christ notre Dieu nous conduit :  chantons la victoire du Seigneur. » (Louange pascale de l’Église orthodoxe) 

Dans le contexte écologique d’aujourd’hui, le cantique des créatures (Daniel 3,46-83) nous rappelle l’importance de la bénédiction des œuvres du Seigneur. Le samedi saint m’introduit dans une relation étroite entre le silence face au mystère de la Mort de Jésus et le chant de gloire anticipant la joie du Christ Ressuscité.

L’orthodoxie, tel un itinéraire montagnard, propose un vaste parcours liturgique qui débute avec le Grand Carême pour gagner le sommet pendant la nuit de Résurrection. Ce chemin qui monte vers Pâques est toujours guidé par la lumière de Vie resplendissant d’en haut et laisse la place à des vues panoramiques sur l’histoire du salut, sur les épisodes bibliques, sur le témoignage des personnes acheminées vers Dieu afin d’atteindre la beauté de la Création.

Cette année, l’acclamation bien connue dans la tradition orthodoxe « Le Christ est ressuscité ! En vérité, Il est ressuscité !» ne se fera entendre que le 2 mai. Bien que certaines églises orthodoxes aient accepté le calendrier grégorien, le calcul de la date de Pâques est fait en fonction du calendrier julien pour la majorité des orthodoxes. « Désireux de trouver l’unité des chrétiens, j’attends avec l’impatience le jour dans lequel nous pouvons acclamer à l’unisson le salut de la Résurrection », dit Stefan Constantinescu

 

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La famille chrétienne est le groupe démographique le plus vaste et le plus diversifié de la planète et chaque voix est unique et compte. A l’occasion de Pâques, serez-vous témoin de la résurrection?

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